La Fédération algérienne de football semble avoir fait son choix. Sauf retournement de situation, Ibrahim Hemdani devrait être appelé à prendre les commandes de la sélection nationale A.
Il devra, ainsi, remplacer le Suisse Vladimir Petkovic. Une décision qui pourrait être officialisée dans les prochaines heures, après une rencontre entre l’ancien international et le président de la FAF, Walid Sadi. Le choix de l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille et des Glasgow Rangers, qui devrait être épaulé par Antar Yahia, intervient après l’échec des démarches engagées pour attirer un technicien étranger. Plus de 60 CV auraient été reçus par la FAF, avant qu’une short-list d’une dizaine de noms ne soit établie. Mais aucun profil n’aurait finalement convaincu l’instance sur les plans sportif et financier. La solution Hemdani s’est alors imposée. Un choix qui n’est toutefois pas sans susciter des interrogations.
Un CV de joueur, mais quel vécu sur un banc ?
Le principal point d’interrogation concerne évidemment l’expérience. Hemdani possède un parcours remarquable en tant que joueur, avec notamment des passages par Marseille et les Glasgow Rangers, en plus d’avoir porté le maillot de la sélection algérienne. Il dispose également du diplôme UEFA Pro, un atout non négligeable au moment de prendre en charge un groupe de haut niveau. Mais entre la carrière d’un joueur et les exigences du métier d’entraîneur, le fossé peut être considérable. À ce jour, Hemdani n’a pratiquement aucune expérience sur un banc au plus haut niveau. Sa principale référence reste son passage à la tête de la sélection algérienne U21, avec laquelle il vient de décrocher la médaille d’or aux Jeux méditerranéens de Tarente. Une réussite encourageante, certes, mais qui ne permet pas encore de mesurer sa capacité à gérer une sélection A confrontée à des exigences autrement plus élevées.
Les Jeux méditerranéens comme seul véritable test
Le sacre de Tarente constitue précisément l’un des arguments avancés par la FAF pour justifier ce choix. Hemdani a réussi à conduire une jeune sélection algérienne vers la médaille d’or, en démontrant certaines qualités dans la gestion d’un groupe et dans la préparation des rencontres. Cette performance lui a ouvert les portes de l’équipe première. Mais la question demeure : une compétition de jeunes, même remportée avec succès, suffit-elle pour préparer un entraîneur à diriger Mahrez et ses anciens partenaires hier, puis les nouveaux cadres appelés à prendre le relais ? La sélection A devra rapidement répondre à des impératifs de résultats, gérer les équilibres du vestiaire, intégrer de nouveaux éléments et composer avec la pression populaire. Autant de paramètres que Hemdani n’a encore jamais eu à affronter à ce niveau.
Un contexte jugé favorable par la FAF
La Fédération semble néanmoins considérer que le calendrier à venir offre à Hemdani une période d’apprentissage relativement favorable. Les éliminatoires de la CAN 2027 débuteront en septembre avec un groupe composé de la Zambie, du Togo et du Burundi. Les six journées seront réparties entre septembre-octobre, novembre et mars, avant la phase finale de la CAN prévue en juin-juillet 2027. La FAF estime donc disposer de plusieurs rassemblements pour permettre au nouveau sélectionneur de prendre ses marques et de construire progressivement son équipe. Le projet devrait s’appuyer sur un staff restreint, composé dans un premier temps de Hemdani et Antar Yahia, avec Azzedine Berarma comme entraîneur des gardiens, ainsi qu’un préparateur physique et un analyste vidéo.
Un pari à haut risque ?
Le choix de Hemdani peut être interprété comme une volonté de donner sa chance à un technicien algérien jeune, titulaire des plus hauts diplômes et déjà vainqueur d’une compétition internationale. Mais il s’agit aussi d’un pari particulièrement audacieux. La sélection nationale ne sort pas d’une période sans enjeux et devra rapidement tourner la page Petkovic, tout en reconstruisant une équipe après les retraites internationales de Riyad Mahrez et Aïssa Mandi.
Hemdani devra également identifier les nouveaux leaders, ouvrir la porte aux joueurs prometteurs du championnat national et aux binationaux, tout en maintenant les résultats. Son succès à Tarente a constitué une première réponse, mais certainement pas une garantie. La véritable question sera donc de savoir si la FAF a décelé chez lui un potentiel que son expérience encore limitée n’a pas permis de démontrer, ou si elle vient simplement de choisir une solution par défaut après avoir échoué à trouver le profil étranger recherché. Le terrain apportera rapidement les premiers éléments de réponse.
– DJAMEL OUAGLAL
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